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Trois questions à…

Jean Chamoulaud, journaliste à Cnews, et Boris Kharlamoff, journaliste à l’agence de Presse audio A2PRL.

Jean Chamoulaud, journaliste à Cnews
Boris Kharlamoff, correspondant pour l’agence de presse audio A2PRL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MarieSansFiltre: Quel âge avez-vous? A quel âge avez-vous débuté votre carrière de journaliste? Avez-vous commencé par le journalisme d’actualités notamment politiques ou par d’autres disciplines?

Jean Chamoulaud: Aujourd’hui, j’ai 30 ans et j’en avais 25 lorsque j’ai débuté. J’ai commencé mon métier en tant que journaliste radio spécialiste en musique. Puis j’ai intégré la rédaction de LCI en 2015 au service société et info générales. Et enfin, la rédaction de Canal+ en 2017.

Boris Kharlamoff: J’ai 26 ans. J’ai commencé mes premières piges en journalisme – à l’époque pour Sud Radio – à 22 ans. J’ai démarré ma carrière par les « IG » (informations générales) puis par de la présentation avant de me spécialiser petit à petit en politique.

MSF: Envisagez-vous de rester dans le journalisme d’actualités politiques ?

J.C: Je ne fais pas exactement du journalisme d’actualités politiques, mais du journalisme au service société. Je ne m’occupe pas aujourd’hui «  du politique et de la politique » mais cela peut m’arriver de suivre un politique par exemple dans des salons, ou de faire des directs devant l’Elysée si besoin.

B.K: Pour l’instant oui. Je fais aussi un peu de police-justice, pourquoi pas en faire davantage à l’avenir.

MSF: Aujourd’hui, vous êtes dans l’action, sur le terrain, mais comment appréhendez-vous votre futur? Désirez-vous évoluer vers les plateaux, les débats et les entretiens politiques?

J.C: J’envisage de rester sur le terrain. La présentation ne me plait pas. Je n’ai aucune envie d’être éditorialiste ou de participer à des débats stériles et bavards. L’entretien politique peut être une forme intéressante, mais de plus en plus, cela ressemble à un exercice de communication politique où l’on apprend pas grand chose. Mon métier, c’est le terrain et le reportage.

B.K: Je préfère rester sur le terrain, à la source de l’information. Il n’y a rien de mieux je trouve ! Je ne suis pas fait pour rester dans un bureau toute la journée ! Mais on change vite d’avis dans ce métier, difficile de savoir ce que mon futur me réserve !

Bruno Cortés
Rédacteur en chef du JT de TF1 pendant 12 ans, journaliste politique et éditorialiste.

MarieSansFiltre: A quel âge avez-vous débuté votre carrière de journaliste? Avez-vous commencé par le journalisme politique ou une autre discipline?

Bruno Cortés: Par hasard, je suis entrée à la radio à 25 ans. Ce n’est pas forcément un hasard, je voulais faire du journalisme. Très vite, parce qu’il y avait des places à prendre, je suis arrivé au service politique à RTL. Ce n’était pas un pur hasard puis que j’avais fait des études de sciences politiques donc j’étais plutôt dans ma matière. Mais il y a quand même une grande distance entre ce que l’on vous apprend à l’université et les couloirs du parlement !


MSF: Quelles sont, selon vous, les qualités requises d’un journaliste politique ?

B.C: Comme l’a dit Hubert Beuve- Méry, ce sont le contact et la distance. Il faut avoir un bon réseau, savoir s’informer. Il faut aller à l’encontre des acteurs politiques. Une ouverture d’esprit, un regard critique… Il ne faut pas non plus être dépendant de ses informateurs. Il faut savoir se méfier de la manipulation, de la langue de bois… Il y a un travail d’analyse critique très fort chez le journaliste politique.

MSF: Quelles critiques pourriez-vous faire au journalisme politique en France aujourd’hui?

B.C: Il y a la crise des Gilets Jaunes. Cela se passe dans des lieux de pouvoir méconnus des hommes politiques et des journalistes politiques. Ils ne savent pas forcément analyser. Ils n’ont pas de contacts dans ces milieux. C’est une France ignorée et à part qui se manifeste de manière inattendue, inhabituelle et violente parfois. Elle sort des codes et des radars des journalistes politiques. Ils ne comprennent pas grand chose et ils n’ont pas vu arriver le phénomène. C’est une critique l’on peut faire aux journalistes politiques et c’est ce que reprochent aux médias en général les Gilets Jaunes.

Corinne Lhaïk
Rédactrice en chef du service politique à l’Express

MarieSansFiltre: Il y eu l’époque Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud. L’époque où l’Express s’engageait, pour de grandes causes, voire pour des Hommes. Aujourd’hui, cela semble plus lisse… A quand une prise de position de votre hebdomadaire en politique, sur l’environnement, les dangers de la mondialisation et du communautarisme?

Corinne Lhaïk: Il n’est plus question que l’Express s’engage pour des hommes politiques. Mais pour des idées, évidemment! Nous l’avons déjà fait plusieurs fois avec l’écologie. Et nous allons continuer !

MSF : Quel poids a encore l’Express en 2019 dans la politique française? 

C.L: Le poids de l’Express dans la vie politique suit celui de la presse écrite qui n’a probablement plus le même rôle que du temps de Jean-Jacques Servan-Schreiber. Cela ne nous empêche pas de peser dans les débats en pointant les vrais sujets, en dénonçant les incohérences et les paradoxes des politiques.

MSF: L’Express est le grand succès de presse des années 60. Il est moderne et populaire. En 2019, il y a internet, les réseaux sociaux et le déclin de la presse écrite. Qu’en pensez-vous? Peut-on espérer des lendemains meilleurs ?

C.L: La Presse écrite est morte. C’est brutal mais c’est la réalité. Le modèle économique s’effondre. On est déficitaire et on a perdu notre attractivité. Il y a-t-il une solution? Je le voudrais de tout mon coeur. Malheureusement, le siècle est responsable de cette déchéance. Les milleniums ont eu raison de nous!

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