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Femmes, Debout !

« Femmes je vous aime », chantait Julien Clerc. Depuis des semaines, la rengaine s’est plutôt transformée en « Femmes je vous hais ». Femmes malmenées, France chahutée. Récit.

Mardi 16 novembre un drame digne d’un roman de Bernard Minnier frappe l’Aisne : Elisa Pilarski, jeune femme enceinte est dévorée par des chiens dans une forêt. Qui est le coupable ? La partie de Cluedo est lancée; le criminel est parmi nous. Est-ce son chien Curtis ? Ou la meute de chiens de chasse présente au même moment sur les lieux ? Peut-être l’homme avec lequel elle aurait soit disant eu une altercation lors de sa promenade ? Ou comme dans 90% des drames, son compagnon ? L’enquête suit son cours. Le scénario n’a rien à envier à un film d’horreur. Les hommes tuent, si les chiens s’y mettent… Où vont les femmes ?

Deuxième thriller du moment : Jeudi 21 novembre, Monique Olivier, l’ex-épouse de Michel Fourniret, contredit l’alibi fourni par le tueur en série dans l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin en 2003. Rappelez-vous, l’abominable Fourniret avait dit avoir appelé son fils pour lui souhaiter son anniversaire depuis son domicile en Belgique. Que nenni. Il faut des années pour que certaines langues se délient mais l’ex-épouse est catégorique: « Estelle était le genre de petite fille qui lui plaisait ». Frissons de dégout. Vague d’angoisse. Que vont devenir nos enfants ?

En parlant d’enfants, Édouard Philippe, notre cher Premier Ministre, a annoncé qu’il irait avec sa descendance voir le film « J’accuse » de Polanski, grand réalisateur et violeur de petites filles. Quel model éducatif ! Presque au même moment, le philosophe Alain Finkielkraut faisait l’apologie du viol à la télévision. « Je viole ma femme tous les soirs », quel penseur et dire qu’on l’étudie au lycée… Et dire qu’il y a quelques mois, l’homme se révoltait parce qu’il avait été victime de propos antisémites de la part de Gilets Jaunes. Mais insulter les femmes, c’est tellement banal ! Alors pourquoi se scandaliser ?

Mais « Exister, c’est oser se jeter dans le monde », disait Simone de Beauvoir. Et quelque soit la saleté de notre monde, Mesdames, levez-vous !

Alors samedi 23 novembre, nous sommes allés marcher. #NousToutes contre les violences faites aux femmes, contre le patriarcat ancré dans les mentalités trop étroites. #NousToutes contre les féminicides, contre le Grenelle décevant de Schiappa et contre vous, Monsieur Le président de la République. Après un coup, un homme violent promet toujours que c’est la dernière fois. Et puis cela recommence. Inlassablement. Vos promesses non-tenues, monsieur Macron, sont à l’image de ces coups. On attend toujours notre ministère des Droits des Femmes, notre égalité salariale et les moyens nécessaires pour sauver ces femmes et ces enfants victimes. 138 femmes assassinées, depuis le début de l’année, par leurs compagnons ou ex-compagnons. Monsieur Le Président, à quand les 1 milliard et la fin des bobards ?

Femmes, debout ! Et à l’honneur. Du 2 au 6 décembre se déroulera à Paris le Festival Droits des Femmes et cinéma, initié par le scénariste Ysé Brisson. Une dizaine de films internationaux portant la cause des femmes à travers le monde seront présentés devant un jury 100% féminin présidé par l’actrice Xin Wang. On ira aussi au Théâtre des Variétés assister à la comédie « Une sur Dix », écrite et jouée par Laura Bensimon sur une mise en scène de Guillaume Bouchère. Laura, alias Alice sur scène, aurait aimé être la femme sur dix qui n’a pas de cellulite, la femme sur dix qui a le plus gros salaire de sa boite, la femme sur dix qui engloutit tout ce qu’elle veut et reste mince. Non. Elle est la femme sur dix atteinte d’endométriose. Des rires, des pleurs, sans tabou, chapeau l’artiste !

Ovaires en colère, Ras le viol et à bas le patriarcat, la vague violette n’a pas dit son dernier mot. Liberté, égalité et respect !

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