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Eliott Garoux, 14 ans: Nage en eau libre, courage et détermination

Nageur d’eau chlorée, douce et salée, ce jeune espoir de la natation française ne laisse jamais au vestiaire son sourire et sa ténacité. En pleine période de confinement et de frustration, Eliott Garoux nous offre son récit de vie et d’avenir dans des eaux aux possibilités multiples. Rencontre.  

« La Natation traverse les frontières mais elle rassemble aussi. », Eliott sourit. Non loin de lui trônent ses lunettes, son bonnet de bain et sa combinaison néoprène. Toujours prêt à plonger. Mais le Covid-19 et le confinement obligatoire sont venus bouleverser son quotidien de jeune espoir de la natation française. « J’ai dû arrêter les entrainements en bassin mais je les ai remplacés par des préparations physiques générales et par de la course à pieds… », annonce-t-il, ses pensées déjà tournées vers les futures eaux à braver.

Eliott Garoux, originaire de Fontenay sous bois, dans le 94, a 14 ans et déjà de nombreux kilomètres de nage à son actif. A l’âge de 6 ans, ses parents l’inscrivent au club de natation de Nogent-Sur-Marne. Et très vite, le jeune homme attrape la fièvre des bassins. Dès ses 11 ans, il intègre les groupes de préparation aux compétitions locales, puis régionales.

Aujourd’hui, il jongle entre ses 8 entrainements hebdomadaires et son année de 4ème au Collège Albert de Mun. « Je suis une scolarité sans aucun aménagement horaire dans un collège où l’enseignement est exigeant. Cela demande beaucoup d’énergie et d’organisation », explique le jeune nageur qui n’hésite pas à se jeter à l’eau les mardis et jeudis matin à 6 heures, pendant que ses camarades grappillent encore quelques heures de sommeil. Cet assoiffé de natation a souvent été le plus petit parmi les grands, mais toujours bien épaulé, par sa famille comme par son entraineur, Florian Outters. « La relation de confiance avec mon coach Flo a été primordiale pour passer du niveau départemental en 2018 aux championnats de France Jeunes en 2019. », confie-t-il, « Je ne suis pas un sprinter mais un fondeur, alors mes séances sont longues, je nage jusqu’à 9km par séance. » En bassin, Eliott se spécialise donc dans les distances longues: 400 mètres, 800 mètres et 1.500 mètres nage libre. Toutefois, hors de question pour son entraineur que le jeune espoir ne suive pas une formation complète sur les trois autres spécialités : papillon, brasse et dos. « Le 400 mètres quatre nages me permet d’acquérir dynamisme et endurance. », constate-t-il.

« Je ne suis pas un sprinter mais un fondeur, alors mes séances sont longues, je nage jusqu’à 9km par séance. »
(Cdt – Photo personnelle)

En novembre 2019, Eliott se qualifie pour les championnats de France qui doivent – sous condition d’une évolution favorable de la pandémie du Coronavirus – se dérouler à Pau en Juillet 2020. En février dernier, le jeune nageur effectue un stage à Malaga pour parfaire sa préparation physique et affronter les compétitions saisonnières. Mais à partir de mars, l’épidémie de Covid19 vient chambouler son planning. Et aujourd’hui, comme tous les Français, le jeune sportif est coincé chez lui. Eliott rêve de retrouver sa liberté, mais aussi ses eaux libres qu’il aime tant affronter.

En effet, en parallèle de la natation en bassin, il participe en 2018, avec ses parents à un triathlon XS (400m de natation, 10 km de vélo, 2,5 km de course à pied) avec 400 mètres de nage dans un lac. « J’ai trouvé cela sympa, alors je me suis inscrit à un 2,5 km dans le bassin de la Villette. C’est mon vrai début en eau libre ! », raconte-t-il, son éternel sourire illuminant son visage. En juin 2019, le jeune nageur participe à son premier 5 km dans les eaux de Cergy. Puis il brave les eaux de Sarreguemines, Redon… Le dimanche 1er septembre 2019, Eliott est le seul nageur né en 2006 à nager un 10km en eau libre, l’honorable distance olympique. « Je termine 10ème toutes catégories confondues, et 2ème Junior alors que j’ai l’âge d’être dans la catégorie en dessous », explique-t-il avec une fierté légitime. Les week-ends de compétitions et les bains en eaux inconnues s’enchainent. Eliott donne tout son temps à sa discipline, sans compter. Les efforts paient: il finit 13ème de sa première Coupe de France des moins de 15 ans dans une eau à 18,2 degrés à Jablines, en Seine et Marne. Et, comme à son habitude, avec le sourire en plus !

Du haut de ses 14 ans, le sportif rêve d’un destin à l’image d’Axel Reymond, double champion d’Europe et du monde du 25km : « Il nage la distance qui demande le plus d’effort ! », admire-t-il, « Peut-être qu’à la rentrée, j’aurais la chance de nager à ses côtés et j’espère qu’il partagera son expérience avec moi ». Le jeune espoir ne désire pas s’arrêter en si bonne vague. Après de longues négociations avec ses parents, Eliott décide d’essayer d’intégrer le Centre d’Accession et de Formation (CAF) de Fontainebleau à la rentrée prochaine : « Il y a la célèbre coach Magali Merino, qui entraine notamment le groupe d’Axel Reymond. »

Des vagues, des eaux du monde entier et des aspirations… Eliott n’a pas peur des sacrifices pour atteindre ses rêves. A 14 ans, on voit en grand, surtout si l’on donne tout pour son sport. Alors pourquoi pas, un jour traverser la Manche, le Lac Saint Jean au Québec, tenter la fameuse course de Santa Fé – Coronda en Argentine ou tester l’Ice swimming… Le jeune homme est attiré par l’idée de dépassement de soi : « C’est très personnel et un peu égoïste, mais j’aimerais simplement connaître mes limites et les atteindre ». 

A l’horizon des Jeux Olympiques de Tokyo 2021, Eliott se met au défi de participer un jour aux épreuves du 1.500 mètres en bassin et au 10km en eau libre, et d’être un nageur évoluant entre deux eaux, celle technique des bassins et celle sauvage de la nature.

Pour la première fois, son sourire s’estompe et laisse place à une détermination sans faille : « Je rêve d’une grande victoire, pour ma famille, mes coachs, mon pays, et surtout pour mon sport qui mérite d’être mis en lumière à la hauteur de tous les efforts que fournissent quotidiennement les nageurs ! »

Alors, bon vent et belles vagues, Eliott !…

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