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Confinés du monde : Akikoto, 29 ans, au Japon

Un monde à l’arrêt. Plus de la moitié de la population mondiale, soit plus de 4 milliards d’habitants sont désormais contraints de rester chez eux pour tenter d’endiguer la pandémie du coronavirus. Jeunes Sans Frontières est parti à la rencontre de jeunes confinés et déconfinés à travers le monde. Quotidien, mesures gouvernementales, émotions et espoirs : rendez-vous chaque jour au delà du confinement, des frontières, et un seul message : avec fraternité, vaincre l’ennemi invisible.

Dans l’Empire du soleil levant, le bilan national annonce au 19 Avril plus de 10.000 cas de contaminations au Covid19 et 222 décès. Pourtant, le gouvernement vient tout juste de tirer la sonnette d’alarme : le premier ministre Shinzo Abe a étendu l’état d’urgence à l’ensemble du territoire nippon permettant aux autorités locales de suggérer le confinement des entreprises et habitants des 47 préfectures de l’archipel. Auparavant seules les villes de Tokyo et Osaka ainsi que 5 autres zones géographiques très peuplées étaient concernées.

Apres avoir renoncé aux Jeux Olympiques pour cette année, le pays renforce sa lutte contre le Covid. Les cerisiers en fleurs termineront le printemps dans la solitude…

“Je m’appelle Akikoto Abdallah, j’ai 29 ans et je suis maîtresse d’école à Tokyo, au Japon. J’y habite aussi, j’ai donc été concernée par le dispositif d’urgence dès le début de la pandémie.

Depuis quelques jours, Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, a étendu l’état d’urgence sur l’ensemble du pays. Il y a très peu de personnes dans les rues, ce qui est anormal pour le Japon et ses 126 millions d’habitants.  Je n’ai jamais vu mon pays aussi vide ! Les musées, les parcs Disney et les quartiers touristiques de Shibuya et Ginza sont fermés, comme les écoles et la plupart des commerces. Nous sommes une grande majorité en télétravail. J’envoie des devoirs par mail aux parents de mes élèves pour maintenir un suivi. Je pense que l’éducation est très importante pour les enfants même en temps de crise sanitaire.

Ma fille de 5 ans reste aussi à la maison, je lui télécharge des leçons et des devoirs d’Internet parce que je trouve que ses professeurs ne sont pas assez exigeants.

Les japonais sont cloitrés dans leurs maisons, ils se mettent eux-mêmes des mesures barrières. Au Japon, les habitudes de vie aident énormément pour contrer la propagation du virus : c’est un pays très propre et la population respecte des règles sanitaires très strictes même en temps normal. De même pour le port de masques : quand nous sommes enrhumés, c’est un réflexe par courtoisie pour les gens qui nous entourent. Ce sont toutes ces moeurs ancrées dans notre société et dans notre culture qui jouent en notre faveur face au Coronavirus !

Les japonais sont un peuple docile, alors le gouvernement n’a pas eu besoin d’imposer des mesures et des sanctions en cas de non respect des règles. Nous ne sommes pas en confinement total, bien que les commerces, les écoles et les lieux publics aient été appelés à fermer. Le gouvernement nous a simplement recommandé de ne sortir qu’en cas de besoin absolu. Et nous le faisons !”

Propos recueillis par Nada Abou el Amaim.

“Il y a très peu de personnes dans les rues, ce qui est anormal pour le Japon et ses 126 millions d’habitants.  Je n’ai jamais vu mon pays aussi vide !” (Cdt : Photo personnelle)
INSOLITE : Le saviez-vous, le chant des cigales n’est pas réservé qu’au sud de la France… En été, leur chant raisonne dans l’Empire du soleil levant. Et il résonne aujourd’hui d’autant plus fort dans les villes et les campagnes désertées à cause du coronavirus.