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Confinés du monde : Adamn, 29 ans, en Afrique de Sud

Un monde à l’arrêt. Plus de la moitié de la population mondiale, soit plus de 4 milliards d’habitants sont désormais contraints de rester chez eux pour tenter d’endiguer la pandémie du coronavirus. Jeunes Sans Frontières est parti à la rencontre de jeunes confinés et déconfinés à travers le monde. Quotidien, mesures gouvernementales, émotions et espoirs : rendez-vous chaque jour au delà du confinement, des frontières, et un seul message : avec fraternité, vaincre l’ennemi invisible.

Considéré comme le confinement le plus strict au monde, l’Afrique du sud connait, depuis le 1er mai, un assouplissement des mesures mises en place. Le pays compte désormais plus de 7.572 contaminés et 148 décès. Même si l’essentiel des restrictions est resté en place, le gouvernement craint une second vague épidémique.

« Partiellement Déconfiné », Adamn, jeune artisan sud-africain, nous confie son ressenti sur ces longues semaines de quarantaine extrême. 

“ Je m’appelle Adamn, j’ai 29 ans et je vis à Durban, en Afrique du Sud.

Depuis, le 26 mars dernier, on a passé 5 semaines en confinement total où toute sortie était interdite. Le gouvernement du président Cyril Ramaphosa ne cesse de dire que ces mesures ont aidé à freiner la propagation du virus de manière drastique et a repoussé le pic épidémique au mois de juillet. Mais nous, le peuple, on a pu voir de plus près à quel point l’économie est fragile et à quel point les inégalités sociales sont présentes dans le pays. Je connais plein de familles sud-africaines qui peinent à se nourrir à cause de ce confinement vraiment trop strict. D’ailleurs je pense que c’est pour cela qu’il nous ont autorisé à reprendre le travail, pour limiter les dégâts économiques et les émeutes qui se préparaient dans certaines villes. Et c’est très ironique de retourner travailler le 1 er Mai, ne trouvez-vous pas ?

Tous les secteurs ont été touchés, tous ! Même le grand hebdomadaire de Mail & Guardian a souffert de la situation et a demandé des aides financières à ses lecteurs. Aucune association n’est venu en aide aux populations des Townships (quartiers pauvres et sous-équipés d’Afrique du Sud) par exemple, où la distanciation sociale est un luxe. 

Le gouvernement a annoncé, il y a seulement 10 jours, un plan d’aide social et de soutien économique d’un montant de 500 milliards de rands (plus de 24 milliards d’euro). Il a aussi annoncé la distribution de denrées pour les plus vulnérables, dans les orphelinats et dans les quartiers pauvres. Des tests s’effectuent aussi sur l’ensemble du territoire pour tenter de contenir le virus et d’éviter sa propagation.

Il y a eu des vidéos qui tournaient sur Internet, où l’on voyait des policiers gifler ceux qui ne respectaient pas les mesures de confinement. Sauf que malheureusement, ce n’était pas en Afrique du sud mais dans d’autres pays du continent. Bien sûr qu’il y a des violences policières, il y en a partout. Mais ce n’est pas juste parce que les individus sur ces videos sont de couleur noire que ça vient de chez nous ! Je trouve ça honteux de la part des individus qui ont diffusé ces vidéos, mais surtout du gouvernement qui en a profité pour poursuivre sa chasse aux “fausses informations” et condamner des citoyens en pleine crise sanitaire…

Ça fait bientôt une semaine que les mesures ont été allégées, mais nos déplacements sont limités au strict nécéssaire et pas plus d’une fois par jour. Le port du masque est obligatoire dans les lieux publics et il y a un couvre feu entre 20 heures et 5 heures du matin. Les écoles resteront encore fermées jusqu’au 1er juin au moins, alors les parents doivent s’occuper de leurs enfants et sont donc incapables de travailler pour le moment. Ceux qui ont de la chance, peuvent aller travailler, même si la plupart des commerces sont fermés. Mon frère et moi, nous sommes artisans dans un marché à Durban et Dieu merci, les marchés sont autorisés à rouvrir.”

Propos recueillis par Nada Abou el Amaim.

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