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Confinés du monde : Karina, 45 ans, au Pérou

Un monde à l’arrêt. Plus de la moitié de la population mondiale, soit plus de 4 milliards d’habitants sont désormais contraints de rester chez eux pour tenter d’endiguer la pandémie du coronavirus. Jeunes Sans Frontières est parti à la rencontre de jeunes confinés et déconfinés à travers le monde. Quotidien, mesures gouvernementales, émotions et espoirs : rendez-vous chaque jour au delà du confinement, des frontières, et un seul message : avec fraternité, vaincre l’ennemi invisible.

Deuxième pays le plus affecté d’Amérique du sud par le coronavirus, avec 1.533 décès et 54.817 cas confirmés selon l’université américaine John Hopkins, le Pérou a déclaré l’état d’urgence sanitaire le 15 mars dernier.

A trois jours du déconfinement, à l’heure où, d’après Martin Vizcarra, le président Péruvien, le retour à l’école et à l’université n’est pas prévu pour tout de suite, Karina, biologiste à Arequipa revient sur cette période inédite. 

“Je m’appelle Karina Villanueva Conde, j’ai 45 ans, je suis biologiste et j’habite à Arequipa dans les Andes péruviennes. Je vis avec mes parents et ma fille de 2 ans.

Le Gouvernement péruvien a pris beaucoup de mesures pour lutter contre la propagation du coronavirus depuis son arrivé dans le pays. Les écoles et universités ont fermé à la mi-mars, mais ce qu’il faut surtout retenir, c’est le transfert d’environ 28 millions de dollars au ministère de la santé pour renforcer les systèmes de prévention, de contrôle, de surveillance et d’intervention sanitaires.

Au début de l’épidémie, les restrictions de sorties avaient été établies par genre. Les hommes pouvaient sortir le lundi, le mercredi et le vendredi et les femmes les autres jours, excepté le dimanche qui était interdit pour tous. Très peu de personne ont respecté cette mesure alors elle a rapidement été remplacée par le fait qu’une seule personne par famille puisse sortir. 

Afin de soutenir l’économie, le gouvernement a accordé une prolongation du délai pour déposer la déclaration d’impôt sur le revenu, accordée jusqu’au 30 juin aux micro, petites et moyennes entreprises dont les activités économiques pourraient être affectées par la pandémie. Il aide ceux qui ont leurs propres entreprises et il va accorder des aides aux citoyens qui n’ont pas d’assurance maladie. Dès samedi, il sera possible de vérifier si nous sommes éligibles pour recevoir cet argent grâce à notre carte d’identité.

La pandémie a plongé une partie de la population dans de grandes difficultés financières alors le gouvernement a créé des aides afin d’aider les plus pauvres. Malheureusement ce n’est pas suffisant. Il y a beaucoup de corruption… Lorsque le gouvernement a donné de l’argent aux maires pour nourrir les familles les plus démunies, les paniers repas étaient souvent en mauvais état… C’est horrible !  

Heureusement il y a aussi de la solidarité. Chacun à son échelle essaie d’aider les plus pauvres. La municipalité de Lima, en alliance avec l’association «Charity of Lima», a inauguré le refuge temporaire «Casa de Todos» sur la Plaza de Acho, un espace où 122 personnes abandonnées à leur propre sort, pourront séjourner pendant le confinement. L’église catholique fait quant à elle des donations et fournit des repas pour les plus pauvres comme Gastón Acurio, très célèbre chef qui a cuisiné des menus pour le personnel de l’hôpital de Lima.

À l’annonce des mesures de restrictions puis du confinement, j’ai dû m’adapter aux mesures pour me protéger moi et ma famille. J’ai aussi rapidement fait un plan pour gérer mes dépenses pendant le confinement avec les seules économies que j’ai.

Dans ma ville comme dans tout le pays, les gens essaient de faire de leur mieux. Cela signifie porter des masques, des gants, des lunettes, se laver les mains, envoyer un seul membre faire des provisions. Mais tout le monde ne respecte pas les mesures même si l’armée et la police tentent d’imposer le respect de ces règles en contrôlant régulièrement notre identité et le motif de nos sorties. Les problèmes financiers obligent les gens à sortir et à faire tout ce qu’ils peuvent pour vendre des légumes, du fromage, des fruits afin de gagner de l’argent et subvenir aux besoins de leurs familles. Certains sont carrément contraints de quitter leur foyer pour retourner à pied dans leur ville natale afin de trouver un toit et de quoi se nourrir.”

Propos recueillis par Justine Lenormand.

Karina Villanueva Conde, 45 ans, au Pérou (©Photo personnelle)

Le Quotidien Imagé de Karina

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